A quoi sert l’Éducation aux media et à l’information?

Education aux media et à l'information

Depuis les attentats de Charlie Hebdo, de l’Hyper Cacher et de Montrouge en 2015, la presse s’est  massivement fait l’écho d’une discipline l’EMI, Éducation aux Media et à l’information, pour lutter contre ceux qui  « n’étaient pas Charlie. »
Rappelez-vous, la ministre de l’Éducation Nationale de l’époque se plaignit de ce que les élèves posaient trop de questions :  « Même là où il n’y a pas eu d’incidents, il y a eu de trop nombreux questionnements de la part des élèves. Et nous avons tous entendu les « Oui je soutiens Charlie, mais », les « deux poids, deux mesures », les « pourquoi défendre la liberté d’expression ici et pas là ? » Ces questions nous sont insupportables, surtout lorsqu’on les entend à l’école, qui est chargée de transmettre des valeurs »(1). La responsable du service politique de France 2, Nathalie Saint-Cricq, analysait le même phénomène quelques jours avant avec ces mots : “Ah non Elise faut pas faire preuve d’angélisme. C’est justement ceux qui ne sont pas “Charlie” qu’il faut repérer, ceux qui, dans certains établissements scolaires ont refusé la minute de silence, ceux qui “balancent” sur les réseaux sociaux et ceux qui ne voient pas en quoi ce combat est le leur. Eh bien ce sont eux que nous devons repérer, traiter, intégrer ou réintégrer dans la communauté nationale.”(2)
De fréquents sondages rappellent, comme cette enquête d’opinion , que « 35 % des jeunes de 18 à 26 ans interrogés par nos soins (Alava, 2016) déclarent que la télévision n’est pas crédible, 38 % pensent les journaux non-crédibles et globalement les sources les plus crédibles pour les jeunes sont dans l’ordre (Wikipédia 65 %, 42 % les vidéos YouTube, 38 % les posts Facebook et 15 % les sites d’alter-informations (Alter Info, Réseau Voltaire, Les moutons enragés, etc..). »(3)

L’école est donc mise à contribution afin d’éduquer aux media.

Qu’est-ce que l’EMI ?

Jusqu’en 1976, l’utilisation de la presse en classe n’est pas autorisée. Tout change avec René Haby, interpellé par le secteur de la presse qui souhaite que les articles puissent être intégrés dans les supports pédagogiques (4). Monsieur Haby encourage alors les partenariats avec les professionnels de la presse afin que les élèves puissent « s’ouvrir au monde moderne ». En 1982, Alain Savary crée le CLEMI, Centre de liaison de l’enseignement et des médias de l’information, qui a pour mission de « promouvoir, tant au plan national que dans les académies, notamment par des actions de formation, l’utilisation pluraliste des moyens d’information dans l’enseignement, afin de favoriser une meilleure compréhension par les élèves du monde qui les entoure tout en développant leur sens critique » (5) Le CLEMI sera à l’origine de la semaine de la Presse, mais cet enseignement reste à la discrétion des enseignants. Au point qu’un «rapport de l’Inspection générale de juillet 2007 brosse un tableau assez alarmant de la situation de l’éducation aux médias : « malgré l’existence de pratiques et d’initiatives multiples depuis une trentaine d’années, impulsées la plupart du temps par le CLEMI, sous la houlette du ministère, « l’éducation aux médias » est demeurée l’affaire de militants, parfois contestée dans le cadre scolaire, et paraît peu présente en tant que telle dans les politiques éducatives ».

De son côté, en 2006, l’UNESCO proposait un kit de 205 pages (un gros kit !) à l’éducation aux médias à l’intention des enseignants, des élèves, des parents et des professionnels.(6) En effet, l’organisation note à l’époque que la socialisation des enfants est en passe d’être assumée, non plus par les familles et l’école, mais par les media et que par conséquent il faut former les enfants aux langages médiatiques, notamment audiovisuels, afin de permettre aux élèves de comprendre l’ensemble de ses systèmes symboliques. L’UNESCO constate également que désormais, le monde marchand et commercial a pris l’ascendant sur le monde des media et que c’est désormais lui qui socialise, construit les modes de vie et les identités. Si on accepte cette idée, on doit donc en conclure que les panels marketing sont en fait des constructeurs d’identité et que les hommes d’aujourd’hui ne sont plus éduqués par leur famille ou leur culture de naissance mais par les marques. Vous devenez ce que les magazines Têtu ou Elle, ou ce que les marques CocaCola et Nike font de vous. Vous épousez leurs représentations sociales et leurs systèmes symboliques afin de consommer ou vous comporter, ce qui revient ici presque au même, comme attendu par le media que vous suivez. Ce qui, on en convient aisément est un vrai problème. Même si, ce que soulève étonnamment l’UNESCO, c’est que « tout le monde n’a pas la possibilité de choisir entre différents media et donc, peut-être- de choisir son mode de vie et son identité. » (7) Soit. Devons-nous comprendre que l’UNESCO s’inquiète de ce que les marques commerciales ne puissent pas toucher tous les enfants ?

L’organisation constate enfin que l’éducation aux media a évolué avec le temps : d’abord défensive, essentiellement contre la publicité, ou pour défendre la morale et les bonnes mœurs, ou lutter contre les propagandes, selon les pays, les époques et les contextes, l’Éducation aux Media et à l’Information se donne pour but désormais de « faire acquérir aux élèves une conscience critique »(8) et mettrait l’accent sur l’analyse, la compréhension critique et la production de media par les élèves eux-mêmes. En effet, Internet et les nouveaux moyens techniques ont donné la possibilité à de nombreuses personnes de développer leur propre media, au-delà des sphères d’influence habituelle. L’UNESCO considère donc que l’éducation aux media et à l’information doit s’organiser autour de 4 grands axes: la production, les langages, les représentations et les publics. Ou pour le dire autrement : A qui appartiennent les media, comment s’expriment-ils, que véhiculent-ils, à qui s’adressent-ils et dans quels buts, comment réaliser le sien ?
Si en France, L’EMI a une place prépondérante dans la loi de refondation de l’école de 2013 puis dans le discours du ministère depuis 2015 suite aux assassinats des journalistes de la rédaction de Charlie Hebdo, des clients de l’Hyper Casher et de la policière de Montrouge (9), cet enseignement n’est donc pas propre à la France. Il est en fait le fruit d’engagements internationaux, portés par l’UNESCO et actés lors de la convention de Moscou qui s’est tenue en 2012. Les organisateurs de cette grande convention étaient le Comité russe du Programme Information pour tous (PIPT), le secteur de la Communication et de l’information de l’UNESCO  et la Fédération internationale des associations de bibliothécaires et des bibliothèques (IFLA). Il en découlera 5 lois et 12 recommandations. (C’est la pensée Power Point !) (10)

Lois de l'Education aux media

EMI Unesco

Comment s’articule l’EMI en France ?

Mais le contenu de l’EMI en France, c’est compliqué, confus, sans contenu concret ni formel et présenté de manière transversale, concernant de fait toutes les disciplines.  Mais l’EMI est aussi présenté de manière disciplinaire, porté par les professeurs documentalistes, toutefois sans heures dédiées. En gros, l’EMI va se décliner en EPI (Enseignement Pratique Interdisciplinaire) sur le cycle 5ème-4ème et 3ème, sur les heures de marges (les fameuses heures d’autonomie sur lesquelles on doit également prendre les heures de demi-groupes, les heures de latin-grec, les heures pour les bilangues…) en 6ème et au petit bonheur la chance. (11)

L’enjeu et l’urgence présentés dans le rapport d’inspection «L’éducation aux médias, Enjeux, état des lieux, perspective » (12) d’août 2007, insistaient sur « le déferlement incontrôlé d’informations et d’images », notamment via internet. En 2015, « l’éducation aux médias et à l’information a été renforcée, avec pour objectifs l’éducation à la citoyenneté et la transmission, à l’École, d’une culture de la presse et de la liberté d’expression. » (13)

A partir de la rentrée 2016, les élèves de collèges et lycées ont découvert la plateforme, lirelactu.fr, qui leur donne accès gratuitement à la presse quotidienne, car selon la ministre de l’Éducation nationale : « Aujourd’hui, les élèves s’informent beaucoup via internet, mais souvent sans prêter attention à la source des informations qu’ils y trouvent. J’ai donc souhaité leur donner accès, par le biais du numérique, à des titres de presse qu’ils n’ont pas l’habitude de lire pour qu’ils en perçoivent la qualité et la diversité. « Lirelactu.fr » va ainsi contribuer à apprendre aux élèves à distinguer, d’une part, ce qui relève de contenus écrits par des journalistes professionnels et, d’autre part, ce qui relève moins de l’information que de l’opinion, parfois outrancière voire mensongère, qui est relayée sur les réseaux sociaux. » (14) Combien cela coûte-il? Mystère.

Parallèlement, le gouvernement a développé un site «On te manipule», visiblement très coûteux quand on pense au nombre d’experts sollicités, afin d’aider les jeunes à décrypter les discours complotistes. En novembre 2016, le ministère signe une convention avec l’Agence France-Presse et l’association « Entre les lignes » afin de renforcer l’esprit critique, lutter contre la désinformation, les théories du complot et tenter de prévenir des processus de radicalisation, notamment auprès des jeunes en décrochage scolaire ou en situation de handicap. (15)N’est-ce pas le rôle des enseignants?

En mars 2017, le CLEMI édite  Le guide pratique « La famille Tout-Écran » à EMI expliquée aux famillesdestination des parents pour faire face à « la sur- et la mal- information », « conseiller les enfants sur les réseaux sociaux et les protéger des images violentes » et leur apprendre à se comporter, correctement sur les réseaux sociaux.(16) L’un des instruments pour apprendre à s’informer est le Decodex, un site financé par Google, porté par le journal le Monde et qui « évalue » le degré de « fiabilité des sites sur internet.»

PResse et Éducation nationale?

La première question consiste à se demander si le rôle d’un ministère est de faire la publicité d’entreprises privées au sein de l’école.

Le ministère de l’Économie, n’organise pas des ateliers « apprendre à cuisiner avec de l’électroménager français » à l’école pour sauver Moulinex. Si la presse est en difficulté, c’est qu’il y a quelques raisons. Créer de jeunes consommateurs de presse écrite au prétexte d’éducation ne relève pas de la mission de l’État.

La réforme du collège dans la presse

Chaque année le quotidien La Croix (17) publie son baromètre sur la confiance des Français envers les médias en partenariat avec Kantar Sofres et chaque année la défiance grandit. Les Français sont en effet suspicieux face aux concentrations des media et soupçonnent ces derniers de ne pas être indépendants du pouvoir et de l’argent, selon le sondage. De manière concrète, demandons-nous comment les media informent le public à partir du cas concret de la réforme du collège: Les personnes critiques de cette réforme furent traitées par la ministre d’alors de « pseudo-intellectuels. » Les media de manière presque unanime présentèrent les opposants à cette réforme comme des conservateurs, voire des réactionnaires, souhaitant préserver un système profondément inégalitaire servant d’abord leurs propres enfants. Alors que ceux qui collaboraient de bonne grâce, voire avec enthousiasme, étaient présentés sous l’angle sympathique du progressisme. La télévision proposait des reportages sur les très chouettes EPI, les formidables classes inversées et les élèves heureux dans ce tout nouveau collège de la refondation.

Le latin pour tout le monde.

Alors que les professeurs de Lettres Classiques alertaient l’opinion sur la destruction de l’enseignement du latin au collège, la ministre répondait « Cela me fascine de voir à quel point on peut baigner dans la désinformation la plus complète. Non, le latin et le grec ne disparaissent pas du collège, ils seront renforcés par la réforme» (18) Ce mensonge a été relayé par toute la presse qui tenait toutefois à préciser que les associations de professeurs concernés n’étaient pas « rassurées ». Comme le rappelle le président de la CNARELA, François Martin, « A la rentrée 2016, en 5e, plus de 6 000 élèves manquent à l’appel en latin, si l’on se réfère aux effectifs de la rentrée 2015. » L’association Arrête Ton Char annonce, à juste titre, une baisse de 40 % des horaires de latin (on passe de 8h à 5h en cycle 4) , soit près d’ un million d’heures perdues. De plus, il n’existe plus de CAPES de Lettres Classiques depuis 2013, ni de licence spécifique de Lettres Classiques, remplacée en 2015 par une licence en « humanités » et par le CAPES lettres « avec option lettres classiques ». Le Colisée.pngSans professeur, difficile de maintenir une discipline scolaire, qui de toute façon n’était déjà plus une discipline mais une option, transformée en enseignement de complément par la réforme du collège. L’ouverture de cet enseignement de complément est conditionnée à la réalisation d’un EPI (Enseignement Pratique Interdisciplinaire) LCA (Langue et culture de l’antiquité) non obligatoire et réalisé sur les heures des matières concernées par l’EPI. Par exemple, les heures d’un EPI anglais- géographie pour travailler sur les sites romains en Angleterre seront prises sur les heures d’anglais et de géographie. Dans la mesure où il n’existe pas de matière latin, les heures de l’EPI LCA sont prises sur les heures de cours des professeurs volontaires, qui peuvent ne pas être des spécialistes du latin. De plus, aucune heure n’est prévue pour cet enseignement de complément, elles doivent donc être prises sur les heures dites de marge, c’est-à-dire les fameuses heures d’autonomie laissées à l’appréciation des établissements scolaires. Dans ces conditions, il est faux d’affirmer que latin et grec « seront renforcés par la réforme »puisque le grec n’est déjà plus qu’un lointain souvenir et le latin est en phase de mort lente avancée. Pourtant cette « fake news » qui émane directement de la ministre a été généreusement relayée par la presse, pas plus tard que la semaine dernière (22 mai 2017 sur ONPC) après qu’une chroniqueuse « people » eut questionnée la ministre sur la disparition du latin et du grec. Chroniqueuse « descendue » unanimement par la presse pour avoir relayé le mensonge de la disparition des langues anciennes!

Le renforcement de l’allemand en France.

Le même procédé a accompagné la mort annoncée de l’allemand et des classes bilangues et européennes. La ministre annonce « un effort exceptionnel en faveur de l’apprentissage de l’allemand. » L’ADEAF fait une enquête auprès de ses professeurs : « le nombre d’élèves apprenant l’allemand en 6e, 5e et 4e est en diminution de 8 % par rapport aux effectifs de la rentrée 2015 dans les 370 collèges couverts par cette enquête. La baisse est particulièrement sensible en 6e où les effectifs diminuent de 31 %. » Les media annoncent pourtant globalement le maintien des classes bilangues, après la présentation de la carte des langues de la ministre, même s’ils soulignent que les enseignants « craignent » une érosion de la discipline. Les enseignants sont des pleutres ! D’ailleurs, la ministre annonce une augmentation du nombre d’élèves débutant l’allemand en LV2. Et pour cause, en 2016, la seconde langue vivante débute à la fois en 4ème (pour ceux qui ont suivi la 5ème en 2015) et en 5ème pour ceux qui entrent en 5ème en 2016. Mécaniquement, cela gonfle les chiffres des débutants germanistes. Par contre, quid des classes européennes et des Abibac, privées des élèves des classes bilangues, dont 1/3 ont finalement été fermées ? Ce que les journalistes ne précisent pas non plus, c’est que s’il est encore possible d’obtenir 2 heures d’allemand (sur les heures de marge) en 6ème, par la suite, l’élève reste à 2 heures en 5ème mais également les années suivantes. Ce ne sont plus vraiment des « classes bilangues. »

On voit clairement avec la couverture médiatique de la réforme du collège que la presse a pris parti pour le gouvernement et sa réforme et a dénigré tous ceux qui s’y sont opposés, à l’exception de quelques rares titres ou émissions.

On comprend que les enseignants et parents qui se sont battus pour défendre l’idée d’une école qui instruise ne se précipitent plus sur la presse pour être informés. Qui plus est, la signature de conventions entre l’État et les journaux ne va pas améliorer la confiance des Français dans l’indépendance de la presse. On ne peut pas à la fois se présenter comme un contre-pouvoir et être l’allié objectif de ce même pouvoir, voire son obligé. La défiance se comprend, tout comme la création d’outils d’information et de réflexion en dehors de la presse dite traditionnelle.

La plateforme Lirelactu.fr

Qui plus est, dans le cadre de la plateforme, Lirelactu.fr, toute la presse n’est pas présente. On y trouve : Challenges, Courrier International, El País, L’Humanité, La Croix, La Vanguardia, Le Figaro, Le Monde, Le Parisien, Les Échos, Libération, New York Daily News, Sciences et avenir.
En 2017, le contenu devait s’étendre à la presse régionale et à la presse en ligne. Qui a choisi et sur la base de quelques critères ? (Vous noterez l’absence de titres allemands à l’heure même où la langue allemande est « renforcée ».) Pourquoi l’État favorise-t-il certains titres et pas d’autres ? Est-ce son rôle ?

Qu’est-ce donc que la culture de la presse et de la liberté d’expression ?

Rôle de directeur de conscience que pourtant l’État prend très au sérieux comme nous l’avons vu dans les affaires dites des caricatures, un autre cheval de bataille du guide à l’éducation aux media. Dans une tribune, qui répondait au livre d’Emmanuel Todd Qui est Charlie ? Manuel Valls, alors Premier ministre du gouvernement de François Hollande, écrivait «Dans notre pays, la caricature a toujours eu un rôle essentiel dans la construction de l’opinion publique. Elle est ce mode d’expression si singulier qui permet la dénonciation de l’injustice, la contestation des abus, la critique des « puissants »(19). Drôle d’époque où un élu de la République recadre publiquement, via un journal privé, un chercheur sur un travail de sociologie dont la thèse ne sied pas au pouvoir. Comment peut-on tout à la fois défendre la liberté d’expression et mettre à l’index le travail d’un chercheur sur une base non pas scientifique mais morale ?
De plus, la caricature est-elle vraiment essentielle dans la construction de l’opinion publique, comme le dit ce désormais ancien ministre ? Ne dit-on pas d’une idée, qu’elle est caricaturale quand elle est simpliste ? Selon la définition du Larousse, « la caricature est une représentation grotesque, en dessin, en peinture, etc., obtenue par l’exagération et la déformation des traits caractéristiques du visage ou des proportions du corps, dans une intention satirique ; une image infidèle et laide, reproduction déformée de la réalité : Ce compte-rendu est une caricature de ce que j’ai dit. » Il est vrai que dans les cours d’EMI, la caricature devient « une exagération des traits à des fins humoristiques. » (20)

Prenons deux caricatures:la première est issue d’un journal kenyan, la seconde nous vient des Pays-Bas :

Caricature 2008Cette image, publiée dans le journal anglophone Kenyan « Daily Nation » en 2008, dans un Kenya en plein troubles après les élections présidentielles contestées entre Kibaki et Raila Odinga nous servira d’exemple. A cette époque, les Chinois développent de nombreux chantiers de travaux publics au Kenya, au grand dam des habitants. Notamment parce que les Chinois arrivent avec les ouvriers, les chantiers ne profitent pas aux autochtones. Sur cette image, un monsieur à la peau blanche et au ventre bedonnant, donc bien nourri, porte une grosse valise que l’on imagine pleine de billets, et fume un cigare, signe de l’opulence. « The West » inscrit sur la valise ne permet pas le doute : il est un représentant de « l’Occident ». Il salue, alors qu’il semble quitter l’image, donc sans doute le Kenya, son successeur Chinois. La valise de ce dernier est encore petite, donc encore vide sans doute. Ce monsieur n’a pas encore de gros ventre, ni de cigare. Le message est donc : « Ici on arrive les poches vides, on repart les poches pleines. » Les Africains portent le nouvel arrivant : ils sont maigres, pauvres, les vêtements sont rapiécés et les regards sont vides. Le message est clair : Occident et Chine se gavent sur le dos des Africains. Ici, celui qui tient le crayon est celui qui subit. La caricature est l’arme qu’il utilise pour dénoncer une situation qu’il considère comme atroce. Cette représentation vexera peut-être ceux qui se sont enrichis à moins qu’ils n’en aient cure, et dessin ou pas, la situation n’a pas  beaucoup changé depuis au Kenya.

Maintenant, prenons la caricature : « monument à l’esclavage du contribuable autochtone blanc »par le dessinateur néerlandais Gregorius Nekschot.(Que je ne mettrai pas sur le site mais que vous trouverez sans difficulté sur internet.)
On y voit un homme blanc, le Néerlandais contribuable, en sous vêtement, comme si on lui avait tout pris, le pied enchainé à un piquet, portant sur son dos un homme noir, le « Noir », gros, donc bien nourri, bras croisés, donc sans doute paresseux, et tétine à la bouche. La tétine renvoie sans doute à l’état de la petite enfance et semble montrer que les personnes à la peau noire sont des bébés dont on doit s’occuper. Le dessinateur laisse donc entendre que l’homme à la peau blanche néerlandais porte financièrement le poids de la paresse de l’homme à la peau noire, puisque celui-ci se croise les bras. Et présente l’homme à la peau noire comme un profiteur incapable de subvenir à ses propres besoins. Rappelons-nous les propos de Manuel Valls sur la caricature : « Elle est ce mode d’expression si singulier qui permet la dénonciation de l’injustice, la contestation des abus, la critique des « puissants » ». Il est pourtant difficile de considérer que les Antillais néerlandais qui rejoignent les Pays Bas, dont ils sont ressortissants, pour fuir la pauvreté de leurs îles ou les Surimois ont le pouvoir économique ou politique aux Pays-Bas. Il n’est donc pas vrai de dire qu’ils sont « puissants ». Il est également difficile de croire que la colonisation et ses conséquences sont une injustice faite aux Néerlandais à la peau blanche. Plus difficile encore qu’il est du rôle de l’école d’apprendre aux enfants à la peau colorée des Antilles à légitimer une forme d’expression en dépit de ce qu’elle représente et de ce que les élèves éprouvent.
Imposer la caricature comme forme d’expression légitime sans se soucier du fond et des idées présentes dans le dessin, ni même de l’effet produit sur les classes impuissantes qu’elle moque est absurde. C’est bien l’analyse du fond qui permet de développer l’esprit critique, ainsi que le contexte : Lorsque les dessinateurs se payent la tête des pauvres de leur pays de manière grossière, il devient difficile de soutenir que c’est un mode « singulier qui permet la dénonciation de l’injustice, la contestation des abus, la critique des « puissants » ». Autant, l’analyse de l’image à toute sa place dans un cours d’EMI, autant légitimer a priori une forme d’expression graphique indépendamment de son contenu semble étrange. La liberté d’opinion n’est pas le droit de cracher sur son voisin, mais la possibilité d’exprimer des opinions différentes de celles du pouvoir ! La liberté d’opinion est le droit du croyant à exprimer sa foi dans un monde d’athées, le droit de l’incroyant d’exprimer son absence de foi dans une théocratie, pas celle de raconter n’importe quoi au risque des amalgames, des raccourcis et de la raillerie.

On s’étonnera donc ici de plusieurs choses :

– Comment rendre compatible l’enseignement du respect que l’on doit à autrui et la légitimation d’une forme d’expression dont la base même est, je cite la définition, la « représentation grotesque » du caricaturé ?
– Dès lors que la caricature se suffit à elle-même comme moyen d’expression libre, comment définir ce qui relève de l’expression et  ce qui relève de l’insulte ? Quels sont les critères objectifs retenus ? Pour rappel, le dessinateur danois fut soutenu en France. Son humour était présenté comme grinçant (21) ; Le Monde des Idées le qualifiait de provocateur suite à l’annonce de l’arrêt de la carrière du satiriste et introduisait son article ainsi : « L’intolérance avance à petits pas réguliers et, sur son passage, elle broie des libertés et des hommes. Connaissez-vous Gregorius Nekschot ? Non ? ».(22)
– Dès lors que la liberté d’expression s’accommode de toutes les expressions « grinçantes », les «trop nombreux questionnements de la part des élèves » qui interpellaient la ministre ou leur refus « d’être Charlie » ne sont-ils pas le fruit de cette liberté démocratique à défendre ? N’est-il pas surprenant que dans une même matière, on se donne comme objectif de défendre la liberté d’expression tout en orientant les élèves vers les supports autorisés ; que l’on s’autorise à rire de ce qui blesse ses élèves tout en leur déniant le droit de se dire blessé sous peine de « traitement » et de « réintégration » comme le souhaitait la journaliste ?
De deux choses l’une, soit tout se dit, ou pas. Or, il semblerait qu’en la matière, le problème n’est pas tant de garantir la liberté d’expression que de requalifier les journalistes professionnels et disqualifier les blogueurs. (Opinion, parfois outrancière voire mensongère relayée sur les réseaux sociaux.)(23) Pour ce faire, l’État présente deux outils : le site gouvernemental « On te manipule.fr » et l’outil du Monde, le Decodex.

La lutte contre les complots et la désinformation

On te manipule. fr

Le gouvernement prend donc les rumeurs et les accusations complotistes très au sérieux. Il réalise un site internet  afin de donner les outils pour détecter les théories du complot. Selon le Larousse, le complot est :
• une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation.
• une résolution concertée de commettre un attentat et matérialisée par un ou plusieurs actes.
• Par extension, projet plus ou moins répréhensible d’une action menée en commun et secrètement.

Les théories du complotIl convient d’abord de rappeler que les complots existent et que nos livres d’histoire en sont pleins : La conjuration d’Amboise, La Fronde ou plus proche de nous, la Cagoule. Ou plus proche encore de nous, l’affaire dite des Irlandais de Vincennes ou le Rainbow Warriors. Il est également important de rappeler que les politiques utilisent eux-mêmes l’argument du complot : les Français auraient- ils oublié le vrai-faux attentat dit de l’Observatoire ? F. Mitterrand confondu se plaignit d’un complot ourdi par l’extrême-droite. Qui plus est, si tout complot est le fruit de personnes qui manœuvrent en sous-main, alors, toute action de lobbying et d’influence est par essence complotiste. On imagine mal les fabricants de cigarettes dévoiler le nom des experts qu’ils financent  et les actions qu’ils mènent auprès des pouvoirs publics pour nier la dangerosité du tabac!

Donc, puisqu’il existe des complots, puisqu’ils sont, par définition, secrets, il faut évidemment développer un sens critique face aux rumeurs et informations. Est-ce fait ?

Dans le « guide pratique de la famille écran » proposé par le CLEMI, on vous explique comment réagir si votre enfant vous assure que Barak Obama est un reptilien (sic) ou que les Illuminati collaborent avec la CIA (sic): il ne faut pas rire.

– D’abord il faut rechercher la source d’information.
– Ne pas argumenter, mais dénoncer la mécanique à l’œuvre : différencier la mauvaise information de l’information diffusée pour nuire.
– Distinguer les faits et les interprétations et bien comprendre que le conspirationniste n’accorde pas d’importance aux preuves…

L’explication se termine par cette jolie phrase : « Lors des dernières élections présidentielles américaines, les partisans de Donald Trump étaient prêts à croire toutes sortes de rumeurs sur Hillary Clinton.. » L’inverse n’étant pas vrai, les partisans d’Hillary Clinton se sont toujours appuyés sur les faits rationnels et démontrables pour choisir leur championne et repousser le milliardaire. C’est évident.

Mais sérieusement, est-il besoin de développer l’esprit critique des élèves pour qu’ils comprennent que Barak Obama est un être humain? Proposer comme exemple  quelque chose d’aussi farfelu laisse un peu perplexe. L’esprit critique est impuissant face aux délires, par contre, il est important pour évaluer le contenu d’hypothèses raisonnables, crédibles. Aussi, l’accent mis sur la source d’information est également étonnant. Voyons, où trouver que l’ex-président américain est-il vraiment humain? Ce 2 juin, j’apprends que des coups de feu ont retenti dans  un hôtel à  Manille. Dois-je me rendre sur place pour vérifier ? A ceux qui répondraient qu’il suffit de vérifier le sérieux de la source, je rappellerai que la découverte d’une cité maya par un jeune Québécois n’ayant jamais quitté sa chambre a été couverte par France 2.

Le second conseil donné par les spécialistes  est de ne pas discuter avec l’enfant qui croit aux théories complotistes. Il est vrai que les psychiatres ne discutent pas du bien fondé d’une hallucination avec un malade en pleine de phase de décompensation (en plein délire). Mais nos enfants ne sont pas des malades, ce sont des êtres crédules. Or, c’est en parlant que l’on apprend à  réfléchir sur le sens des mots, à comprendre l’agencement des phrases, l’histoire des idées… Le dialogue est une condition de l’esprit critique. Non seulement il me semble évident qu’il faut parler avec son enfant ou adolescent  mais il me semble aussi que les professeurs de français, d’histoire ou de philosophie sont plus utiles que le guide que j’ai sous les yeux! Les conseils sont soit triviaux soit infaisables: il faut distinguer les faits des interprétations? Faut-il  développer ici la manière dont la presse a couvert une poignée de mains entre deux présidents fraichement élus? Combien a coûté ce guide inutile ? A l’heure où les Français doivent accepter de se serrer encore la ceinture, on est en droit de se poser la question.

De son côté, le  CLEMI propose aux parents de développer l’esprit critique de leurs enfants en famille, en regardant Hugo Décrypte, sur LCI ! Un jeune étudiant de 20 ans propose en quelques minutes de décrypter l’information, de manière bien factuelle, tout comme son camarade promu également par le CLEMI « Data Gueule ». C’est de la vulgarisation, c’est amusant, ludique, bref, on sent que le cerveau des enfants va être « musclé ». On ne voit pas très bien par contre comment cela va les aider à développer leur esprit critique. Là encore, l’État se fait le promoteur d’entreprises privées alors même que des milliers de professeurs financés par l’argent des Français attendent désespérément de pouvoir assurer des cours, qui justement muscleraient le cerveau des enfants. Pour rappel, la chaine LCI appartient au groupe Bouygues, détenteur de TF1, la chaine qui offre « du temps de cerveau disponible » à Coca-Cola. Hugo ne décrypte-t-il pas l’info entre deux pubs ?

Pour en revenir à la prévention de l’adhésion à une théorie complotiste,  si l’élève pense, après avoir suivi les étapes présentées sur le site gouvernemental dont on aimerait connaître le prix tant l’indigence est crasse, pour repérer la théorie des complots, il peut se reporter aux travaux des scientifiques et des journalistes!

Le decodex

L'outil DECODEX du Monde

Pour se repérer dans cette jungle qu’est internet et s’assurer que l’on est tombé sur un site sérieux (comprendre une entreprise privée journalistique et pas un blogueur du dimanche, même s’il est bien informé et propose des analyses pertinentes), il est proposé aux familles de se reporter au Decodex. La promesse de cet outil du Monde, là encore une entreprise privée,  est de vérifier la fiabilité des sites internet et des comptes facebook et twitter.

Première surprise, le Monde évalue la fiabilité de ses concurrents :
Ainsi, « Le Figaro est un quotidien et site Internet d’information généraliste qui appartient à l’industriel Serge Dassault, classé politiquement à droite. L’Express ,un hebdomadaire français d’actualité généraliste, propriété du milliardaire Patrick Drahi depuis 2015, via le groupe SFR Médias. L’Obs, un hebdomadaire et site Internet d’actualité généraliste, positionné à gauche. Le journal a été racheté en 2014 par les hommes d’affaires Pierre Bergé, Xavier Niel et Mathieu Pigasse. » (Est-ce vraiment un concurrent dans la mesure où L’Obs et Le Monde appartiennent aux mêmes actionnaires ? )…
Étrange démarche commerciale car évidemment, le commentaire n’est pas toujours aussi neutre, même pour les « grands papiers » de la presse dite traditionnelle : « Valeurs actuelles est un hebdomadaire d’information généraliste positionné politiquement à droite. Le magazine a été condamné pour provocation à la haine raciale envers les Roms en 2015 après sa couverture « Roms : l’overdose ». Le site Internet et le journal mentionnent clairement leurs sources et publient des informations vérifiées mais certaines enquêtes ou reprises d’autres médias sont à prendre avec précaution » lit-on sur le decodex.
Ah, Le Monde n’a-t-il jamais été condamné ? Ni L’OBS ? Ni le Canard Enchainé présenté simplement comme un journal satirique ?
Sur le fond, est-ce bien sérieux, imagine-t-on Danone proposer un outil étudiant les qualités gustatives et nutritives des yaourts vendus en France ?

Seconde surprise : la faiblesse du contenu de Decodex:
Prenons par exemple le site d’Alain Soral. Le decodex met en garde : « Le site de la mouvance du militant « nationaliste révolutionnaire » Alain Soral, qui reprend de nombreux articles de sites peu fiables, dont de nombreuses fausses informations et théories conspirationnistes. Ce site diffuse un nombre significatif de fausses informations et/ou d’articles trompeurs. Restez vigilant et croisez avec d’autres sources plus fiables. » Un site qui véhicule une idéologie antisémite est, selon le Monde, peu fiable parce qu’il diffuse de fausses informations ? Est-ce un argument valable? Les fausses informations ne manquent pas dans la presse traditionnelle : des charniers de Timisoara aux armes de destruction massive d’Irak, pour ne parler que des plus célèbres, il est toujours possible de douter de ce que nous lisons dans la presse promue par le ministère. Faut il rappeler les affaires d’Outreau ou Baudis?
A la lecture du Decodex, on ne voit pas en quoi cela va aider les enfants et les adolescents à mieux s’y retrouver ? Au mieux, ils adhéreront à la ligne éditoriale du Monde. Est-ce au ministère d’en assurer la promotion auprès des élèves ?

Troisième surprise : Le Decodex propose aux utilisateurs de remonter eux-mêmes à la source de l’information:
Voyons, si Russia Today, RT, dont le decodex nous dit qu’il est moyennement fiable parce que d’origine russe (sic), annonce des émeutes à Caracas le 27 mai 2017, information qui ne semble pas vraiment intéresser les journaux fiables, que faire ? Se déplacer sur place pour vérifier ? N’est-ce pas justement le rôle des journalistes que de vérifier les sources ? Un élève a-t-il sérieusement les capacités et la possibilité de vérifier une source d’information ?

Vérifier les sources
Finalement, quelle est l’utilité du decodex? Ce qui est ennuyeux, ici, est de constater que le problème n’est finalement pas de développer l’esprit critique des élèves, mais plutôt de les ramener vers la presse traditionnelle, celle qui perd ses lecteurs. Le rôle de l’État est-il de lui trouver de nouveaux clients ? Combien coûte la plateforme Lirelactu ? Combien cela rapporte-t-il aux journaux ? Pourquoi l’argent des Français part-il, sous couvert de service public dans la poche d‘intérêts privés ?
Plus grave, le mélange, jusque dans les contenus du CLEMI, de la fausse information et de la théorie du complot, produit un amalgame entre des sites délirants ou orduriers et des sites qui étudient les événements via d’autres sources ou proposent d’autres analyses des faits. Car le journaliste n’est pas un enregistreur de faits mais quelqu’un qui propose une analyse. C’est la réflexion qui fonde l’intérêt d’un journal. Or, évidemment, lors d’une crise par exemple, chaque partie essaie d’influencer l’opinion publique. C’est à cela que servent les agences de relations publiques. Il est dès lors normal que tout le monde ne relate pas et ne perçoive pas les événements de la même manière. L’enjeu est de faire la différence entre la propagande et la différence des points de vue. Les élèves n’ont donc pas besoin du Decodex, mais d’un enseignement de qualité leur permettant d’analyser des contenus sans directeur de conscience. Car ainsi formulé, l’EMI apprend surtout à se fier aux apparences. S’il suffit d’aller sur un site labellisé par l’État pour se penser correctement informé, c’est accorder une bien grande confiance à ceux qui détiennent le pouvoir ! Mais cela permet surtout à l’État de contrôler les informations : une information vraie sur un site outrancier ou dissident devient fausse ; de l’information non vérifiée ou absurde sur des sites considérés comme sérieux devient vraie.
Et c’est bien le problème de cet enseignement, tel qu’il est présenté dans les textes: l’Éducation aux Media et à l’Information s’attache bien plus à la forme qu’au fond.

Pour conclure, dans les documents officiels, l’enseignement de l’EMI est insuffisant en termes de contenu alors même qu’effectivement, les enfants font face à un déferlement d’informations, plus ou moins sérieuses et souvent contradictoires. Mais à bien y réfléchir, l’ensemble des disciplines scolaires n’ont-elles pas vocation à permettre aux élèves de dépasser les apparences grâce à la maîtrise des langues, grâce à la logique et à la culture générale qu’elles développent chez les élèves ? L’esprit critique ne naît-il pas lorsque l’on dépasse la forme des apparences pour analyser le fond. Ce fond qui manque cruellement à ce drôle d’enseignement.


Notes:

1 Le 14 janvier 2015, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche – devant l’Assemblée nationale à propos de la minute de silence décrétée obligatoire dans toutes les écoles de France pour rendre hommage aux victimes des attentats contre Charlie.
2 http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/attaque-au-siege-de-charlie-hebdo/video-la-responsabilite-des-politiques-selon-nathalie-saint-cricq_795121.html
3https://theconversation.com/leducation-aux-medias-une-urgence-contre-la-radicalisation-cognitive-des-jeunes-72065
4 https://www.senat.fr/rap/r08-046/r08-04627.html
5 https://www.senat.fr/rap/r08-046/r08-04627.html
6 http://unesdoc.unesco.org/images/0014/001492/149278f.pdf
7 Idem- page 24
8 Idem-page 26
9 http://eduscol.education.fr/cid83623/l-emi-dans-la-loi-de-refondation-de-l-ecole.html
10 http://www.unesco.org/new/fr/communication-and-information/resources/news-and-in-focus-articles/in-focus-articles/2012/media-and-information-literacy-for-knowledge-societies/
11 Jusqu’au 19 mai 2017: de nouvelles dispositions arrivent avec le nouveau ministre.
12 http://pressealecole.fr/wp-content/uploads/2007/12/rapport_inspection_generale.pdf
13 http://cache.media.eduscol.education.fr/file/DP_rentree/35/1/2015_rentreescolaire_fiche_34_456351.pdf
14 http://www.najat-vallaud-belkacem.com/2016/03/22/lancement-de-la-plateforme-lirelactu-fr-pour-un-acces-gratuit-a-la-presse-dans-les-colleges-et-les-lycees/
15 http://www.najat-vallaud-belkacem.com/2016/11/21/leducation-nationale-et-lafp-se-mobilisent-autour-de-lassociation-entre-les-lignes-pour-leducation-aux-medias-et-a-linformation/
16 http://www.reseau-canope.fr/atelier-yvelines/spip.php?article1333
17 http://www.inaglobal.fr/presse/article/les-medias-face-une-crise-de-confiance-generalisee-9531

18 http://www.bfmtv.com/politique/najat-vallaud-belkacem-non-le-latin-et-le-grec-ne-disparaissent-pas-877012.html
19 http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/05/07/manuel-valls-nous-devons-resister-au-pessimisme-ambiant_4629245_3224.html

20http://www.ac-grenoble.fr/disciplines/hg/file/enseigner_avec/fiche_enseigner_avec_caricature_Trisson_2013.pdf
21http://www.liberation.fr/planete/2008/05/30/un-satiriste-croque-par-la-police_72933
22 http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/01/02/mauvaise-saison-pour-les-idees_1624830_3214.html
23 https://www.senat.fr/rap/r08-046/r08-04627.html

 

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2 réflexions sur “A quoi sert l’Éducation aux media et à l’information?

  1. Isabelle Voltaire dit :

    Très bon, à un détail près :

    « Jusqu’en 1976, l’utilisation de la presse en classe n’est pas autorisée. »
    Ce nétait pas tout à fait vrai : je me souviens qu’en Seconde le professeur de français nous avait fait étudier une fois des journaux.
    Et dans les livres d’histoire il y avait des extraits de la presse du Second empire et la 3e république ; et des dessins de caricatures.
    C’était l’année scolaire 55-56, bien plus libre que maintenant.

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