Le miracle finlandais

miracle-finlandaisLa Finlande est l’étoile du berger qui guide les pédagogistes du monde entier vers le nirvana de la réussite scolaire. Car les études sont sans appel : c’est le système scolaire nordique qui marche. La Finlande a occupé la première place du classement PISA en 2000, 2003 et 2006. Bien que rétrogradée ces dernières années, la Finlande reste dans les pays européens de tête.

Qu’est-ce que PISA ? Une réunion d’universitaires qui évaluent le niveau académique des petits humains à quinze ans ? Pas du tout. PISA évalue les acquis et les compétences « dont les élèves ont besoin pour exploiter tout leur potentiel, prendre part à la vie d’une économie mondiale de plus en plus interconnectée et, à terme, transformer un emploi meilleur en une vie meilleure. »[1] Le parti pris est donc clairement économique. Cela est devenu tellement naturel que cela ne nous choque plus.

Évaluer les activités sportives comme l’école.

Pourtant, imaginerait-on de remplacer des arbitres sportifs par des économistes lors des compétitions sportives ? Ce serait pourtant intéressant d’aborder la compétition du saut à la perche sous l’angle de l’audimat ou du rapport « investissement/réussite ». En effet, combien cela coûte-t-il de fabriquer un champion de saut à la perche? Et combien cela rapporte-t-il à ceux qui l’ont financé ? Combien faut-il d’enfants licenciés dans des clubs pour obtenir un champion ? Les activités sportives ne seraient-elles pas élitistes ? La beauté du sport, le plaisir de pratiques ludiques et les bienfaits sur la santé viennent vite s’écraser sur la réalité des financements des clubs et des fédérations, qui dépendent des résultats sportifs pour obtenir des fonds ou des contrats publicitaires. Pourtant, le niveau sportif est toujours évalué par des spécialistes sportifs, car au-delà des considérations économiques, il existe aussi et toujours des considérations sportives. Et quand bien même l’investissement individuel et collectif est délirant en terme d’heures d’entraînement, d’infrastructures, d’heures de travail cachées (beaucoup d’entraîneurs sont bénévoles, ce qui, au regard de la richesse de certaines fédérations comme le foot ou le tennis laisse perplexe), quand bien même le nombre de réussites de haut niveau est minime face aux nombres de sportifs ; quand bien même bien peu de sportifs vivent de leurs activités sportives, même lorsqu’ils sont des champions: il ne vient à l’idée de personne de remplacer les entraîneurs par des ordinateurs ou de donner son avis sur les entraînements et les modalités de progression des sportifs. Alors même que tout le monde a une idée sur la scolarité, personne ne se penche sur la fabrique des champions, personne ne réclame mixité, égalité, bienveillance et épanouissement dans les clubs. Ce qui est étonnant car d’un point de vue purement économique, il est préférable d’être footballeur de ligue 1 plutôt que spécialiste de la poésie chinoise du 5ème siècle ou de la vie des chevaliers paysans du lac de Paladru en l’an mille. Le footballeur sera le plus riche et le plus admiré socialement parlant. Et comprendre la conjecture de Poincaré ne vous apportera ni honneur, ni gloire auprès du grand public, ni richesse alors même qu’il faut avoir parcouru un brillantissime parcours scolaire pour comprendre l’un des problèmes les plus difficiles des mathématiques actuelles.

Mais revenons à PISA. Ce test « évalue la capacité des systèmes scolaires à former des élèves de 15 ans capables d’utiliser leurs connaissances de manière relativement autonome pour résoudre efficacement les problèmes qu’ils sont susceptibles de rencontrer dans leur vie d’adulte »[2]. Prenons cette définition au pied de la lettre et regardons ce qu’il en est des Finlandais.

Au bonheur finlandais.

au-bonheur-finllandaisChose peu connue car peu relayée dans nos médias, les Finlandais sont très violents : ramené au nombre d’habitants, le nombre d’homicides est 2,5 fois plus élevé en Finlande que dans le reste de l’Union Européenne et les homicides directement issus de la violence conjugale y sont deux fois plus élevés. [3] Or ne dit-on pas que la violence est le fruit d’une inculture, d’un manque de mots pour exprimer sa colère, sa frustration, son désarroi? «Tout part de la langue » nous dit monsieur Bentolila[4]. Comment se fait-il alors que la population européenne qui maîtrise le mieux sa langue sur tous les items de PISA soit aussi la plus violente ? Lueur d’espoir en 2013, « La Finlande a réussi le pari de faire baisser la consommation de tabac et d’alcool chez les jeunes sur les dix dernières années. »[5] C’est donc qu’il y avait un problème de consommation de tabac et d’alcool chez les jeunes, notamment de 14 à 18 ans quand ces derniers brillaient aux tests de PISA! Et la même année, une hausse de 5% des suicides est constatée, conséquence de l’augmentation de la prise de psychotropes et des maladies mentales. Tout cela nous pousse fortement à déduire que les Finlandais, en dépit de leur réussite aux tests de PISA, ne parviennent pas plus que les Français à faire face aux difficultés de la vie. Pour couronner l’ensemble, au lendemain des élections américaines qui ont semé la sidération en Europe, penchons-nous sur le vote des Finlandais. Les « Vrais Finlandais » ont obtenu 17,6% des suffrages lors des législatives de 2015. Dans la presse internationale, ce parti a été décrit comme xénophobe, populiste et raciste. Score étonnant dans un pays dont les enfants, selon le rapport PISA, sont les mieux éduqués au monde !

Fred Dervin, Professeur en éducation interculturelle à l’Université d’Helsinki en Finlande, apporte lui aussi une vision plus nuancée de la Meilleure Éducation du Monde. [7] Par exemple, comment expliquer les fusillades, les problèmes de drogue, d’alcool et de harcèlement présents dans les établissements scolaires alors même que le bonheur est censé être la norme au pays du Père-Noël ? Comment se fait-il que les élèves ne se sentent pas bien dans cette école bienveillante, sans note et sans pression ? (La Finlande est 60ème sur 65 sur cette question dans le questionnaire PISA : Ils sont 67% d’élèves à exprimer un sentiment de malaise à l’école.)[8] C’est qu’en fait, on ne nous dit pas tout sur le système scolaire finlandais :

Un système très égalitaire ? L’écart de réussite entre les filles et les garçons par exemple est l’un des plus élevés dans les pays testés par PISA entre 2000 et 2009 au bénéfice des filles. La réussite des enfants de langue finnoise est plus élevée que celles des enfants russophones ou suédophones dans les écoles finlandaises. [9] En 2010, les enfants d’immigrés ont trois plus de risque de quitter le système scolaire à la fin de l’enseignement de base que les autres élèves. Les établissements sont en compétition les uns avec les autres et les meilleurs embauchent les professeurs qui ont eu les meilleures mentions aux examens. Ainsi, les parents prennent l’habitude de tester les établissements pour y inscrire leurs enfants et peuvent même inscrire ces derniers dans des établissements privés financés en grande partie par l’État, contrairement à l’idée reçue qui consiste à croire que le privé n’existe pas en Finlande.eleves-finlandais-en-perdition
– L’enseignante Maarit Kohronen, dans son livre Qu’est-ce qui ne va pas dans nos écoles ? montre qu’il existe de grandes disparités entre les écoles du centre d’Helsinki, qui accueillent des enfants parfois richissimes, stressés à l’idée de ne pas  réussir, qui étudient pendant les vacances à l’étranger, en Angleterre notamment afin de parfaire leur anglais ; et les enfants des communes rurales éloignées des grandes villes, dont le vocabulaire n’est pas à la hauteur des attentes scolaires. Les élèves sont sous pression car non seulement les élèves sont notés dans certaines matières en primaire mais une sélection très sévère les attend dès le choix du lycée, d’où l’importance de la notation. Jusqu’à 15 ans, le niveau général est globalement médiocre et les bons élèves s’ennuient.

Qu’en est-il alors de la scolarité des élèves ? En fait, la majorité quitte le système général car les places au lycée sont difficiles à intégrer :en 2000, 43 775 élèves entraient en seconde générale et 57 223 en seconde professionnelle. En 2008, ces chiffres sont devenus 38 744 pour les premiers et 61 895 pour les seconds.[10] Comment se fait-il que les meilleurs élèves d’Europe n’aient pas majoritairement accès au lycée général ? Plus surprenant encore, les deux tiers des bacheliers n’obtiennent pas de place dans le supérieur et doivent attendre parfois plusieurs années avant d’entamer des études. Ainsi l’âge moyen d’entrée dans le supérieur est de 21 ans, et l’âge moyen de l’obtention d’un diplôme de niveau bac+3 est de 27 ans (en fait, 25 pour un bac+3 et 28 pour un master), selon la monographie sur la Finlande de Futuribles International. [11]

Enfin, qu’en est-il du niveau académique des élèves ? En mathématiques, les constats des professeurs finlandais sont identiques aux constats des professeurs français : la géométrie est négligée; les élèves apprennent à suivre des procédures, non plus à définir, ni à démontrer; les calculs sont désormais réalisés par les machines. Les professeurs se plaignent du niveau de leurs élèves et constatent de réelles difficultés en algèbre, avec les nombres rationnels, les logarithmes… [12] Plus étrange, les tests PISA sont censés mesurer la capacité des élèves à résoudre des problèmes de tous les jours, or, on ne voit plus aujourd’hui d’acheteur commander sa viande en quart, deux-tiers ou trois quarts de kg. Les jeunes bouchers ne comprennent pas ce que cela veut dire. [12] Parallèlement, les élèves se détournent de la lecture (33% disent ne pas lire en dehors de l’école) et le nombre des élèves en difficulté face à la lecture progresse entre 2000 et 2009 de 6 à 8% alors que le nombre des élèves à l’aise diminue de 18,5 à 14,5%. [13] Bien que savoirs et connaissances se trouvent à une portée de clic, je n’ai rien trouvé sur le niveau de culture générale des élèves finlandais. Mais après la lecture du texte de Paul Robert sur l’éducation en Finlande et les trois exemples de cours qu’il y présente, quelque chose me dit que les élèves ne doivent pas briller non plus par leur savoir, ni par leur finesse d’esprit, ni par leur compréhension du monde :

Cours de finnois – âge des élèves, 14 ans: lire en classe un extrait de livre puis le raconter à ses camarades.
Cours d’histoire- âge des élèves, 14 ans : après avoir regardé des comédiens jouer une scène de confrontation pendant la seconde guerre mondiale entre Croates et Serbes, les élèves notent leurs impressions.
Cours d’anglais- âge des élèves, 15 ans: visionnage de vidéos fun commentées en anglais.

Nul doute que ces élèves seront armés intellectuellement pour comprendre les non-dits de la mondialisation et qu’ils auront bien développé leurs qualités analytiques et leur capacité à la synthèse ! Il y aurait encore tant à dire sur l’école finlandaise, comme le coût des activités périscolaires (entre 60 et 120€ par mois), ce qui conduit de nombreux enfants à passer l’après-midi seuls chez eux dès 9 ou 10 ans ; le lycée à la carte qui peut s’éterniser, les élèves prenant leur temps (jusqu’à 4 ou 5 ans) et ne prenant pas toujours les modules favorisés par les polytechniques et les universités ; la place de la religion à l’école… mais l’essentiel n’est pas là et il ne faudrait sans doute pas non plus transformer la Finlande en enfer scolaire.

La Finlande et le mythe du pays parfait.

le-mythe-finlandaisEn fait, le mythe de l’éducation finlandaise ne date pas de PISA. Jusqu’en 1809, la Finlande relève du Royaume du Suède (après, du Tsar de Russie jusqu’en 1917). Dans un traité célèbre appelé De la législation (1776) Mably (qui restera quelques temps une référence du communisme européen) oppose deux régimes constitutionnels : la monarchie anglaise, (constitutionnelle depuis la « Glorieuse Révolution » de 1688) et la monarchie suédoise (constitutionnelle depuis 1718). Dans les deux cas, les libertés individuelles sont donc défendues au moyen d’un système parlementaire. Mais le régime anglais est libéral et a pour fin l’enrichissement : c’est un régime de commerce. Le régime suédois est moral et a pour fin la vertu : c’est un régime somptuaire. Mably critique le premier, et défend le second. Mais son idéal est un régime « communiste » et « égalitaire », où les hommes sont essentiellement égaux dans la modestie. Il résume ainsi la politique anglaise : « Pour tâcher inutilement de contenter les fantaisies déréglées d’une douzaine d’hommes, il faut dévaster l’Asie entière. » Au contraire, le but d’un bon système législatif est de modérer les passions des hommes. Les Suédois, donc les Finlandais,  sont loués pour leur austérité morale et leur pauvreté, preuves qu’ils n’ont pas de passions déréglées.

Parallèlement, ce petit pays austère est lettré sous l’impulsion des pasteurs. En effet, la connaissance du message chrétien passe par la lecture de la Bible chez les protestants qui se passent d’intermédiaires. Luther insiste donc, dès le 16ème siècle sur l’importance de l’instruction, notamment de l’hébreu, du latin et du grec et d’une bonne culture classique. Ainsi, le protestantisme va construire une relation particulière au livre et à la lecture dans les pays où il se développe. Luther appelle très tôt à la création d’une école pour les enfants du peuple, garçons et filles. Le luthéranisme s’impose en Finlande dès le milieu du 16ème siècle et c’est l’évêque Michel Agricola, qui en traduisant la Bible, fixe le finnois à l’écrit. De fait, la Finlande va développer une véritable culture scolaire. C’est pourquoi, au 19ème siècle, l’intérêt pour l’école finlandaise est déjà très fort en France : le Dictionnaire de Ferdinand Buisson propose 37 pages de description de cette école moderne, qui valorise le travail manuel, qui corrige les inégalités entre les villes et les campagnes, les filles et les garçons, et qui apprend à lire à tous. [14] Si aujourd’hui, la fascination perdure pour le modèle finlandais, en dépit des faits, de ses échecs et de ses limites, c’est que le modèle s’est coulé dans les attentes perçues du nouvel ordre économique mondialisé. Cette école très décentralisée est financée à 43% par les municipalités, qui financent également le salaire des enseignants. C’est la raison pour laquelle, chose peu relayée en France, des communes sont obligées de fermer leurs établissements scolaires quelques jours par an quand l’argent vient à manquer.[15] Cette autonomie s’est évidemment étendue aux universités qui se retrouvent elles aussi en compétition les unes avec les autres et doivent démontrer la qualité de leur enseignement en démontrant l’employabilité de leurs étudiants, le niveau international de leur enseignement et le niveau de leur recherche en fonction du nombre de leurs publications. L’avantage pour les finances publiques est la modification du statut des enseignants qui a basculé du droit public en droit privé et le co-financement privé-public des établissements, le financement public se calculant en fonction de l’investissement privé. Luc Leguérinel [15] conclut que le système finlandais ne peut engendrer que la destruction de l’université, les établissements devant pour survivre se mettre en concurrence les uns avec les autres et ne travailler qu’à démontrer l’employabilité de leurs diplômés et le transfert possible de leurs connaissances en progrès industriels. Et le savoir dans tout ça ? Il est comme l’élève, chassé de l’école.

Pour conclure, quid de l’employabilité des diplômés dans un pays en crise depuis 2008 et dont le chômage représente désormais 9,6% de la population active ? Ne pouvant dévaluer sa monnaie depuis qu’elle est passée à l’Euro, ne pouvant plus compter sur Nokia, vendue à Microsoft, la Finlande n’a pour solution que le gel des salaires, l’augmentation du temps de travail et une économie à réinventer. Mais comment réinventer une économie avec des élèves adaptés aux besoins économiques désormais dépassés ? La réponse de trouve peut-être dans le prochain PISA.

cc

Sources:

Un grand merci au blog T’en poses des questions pour les références à l‘abbé Gabriel Bonnot de Mably et les échanges sur le protestantisme et l’alphabétisation. 

[1] https://www.oecd.org/pisa/keyfindings/pisa-2012-results-overview-FR.pdf

[2] http://www.laviedesidees.fr/PISA-une-enquete-bancale.html#nb1- Julien Grenet

[3] http://www.actualitix.com/homicides-par-pays.html

[4]http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/alain-bentolila-tout-part-de-la-93881

[5] http://etudiant.lefigaro.fr/les-news/actu/detail/article/en-finlande-les-jeunes-boivent-et-fument-moins-2460/

[6] http://french.peopledaily.com.cn/VieSociale/8518532.html

[7] http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=41166&razSqlClone=1

[8] http://www.laviemoderne.net/grandes-autopsies/103-conte-de-noel-finlandais#_ftn26

[9] http://pedrocordoba.blog.lemonde.fr/2013/02/23/la-finlande-au-tableau-noir/

[10] http://pedrocordoba.blog.lemonde.fr/2013/02/23/la-finlande-au-tableau-noir/

[11] L’enseignement  et la formation à l’horizon 2025. Reijo Laukkanen

[12] http://elib.mi.sanu.ac.rs/files/journals/tm/23/tm1221.pdf

[13] Un point de vue critique : La Finlande, vers un modèle éducatif néolibéral ? Luc Leguérinel, Chercheur, Laboratoire d‘études et de recherches sur les Logiques Contemporaines de la Philosophie (LLCP), Université Paris 8, et ancien attaché de coopération pour le français en Finlande.

[14] Aux sources de l’Éden éducatif nordique. Images véhiculées en France de l’instruction primaire finlandaise au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle (1851-1911)- Johann-Günther Egginger, Maître de conférences, équipe V2S (Vulgarisation des Savoirs Scientifiques) du LBHE de Lens, Université d‘Artois.

[15] Page 82- Recherches en Education- Le mythe de l‘éducation finlandaise- Juin 2013

Zone contenant les pièces jointes

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2 réflexions sur “Le miracle finlandais

  1. Pascal Dupré dit :

    Chercher une herbe plus verte ailleurs permet surtout d’éviter de se poser la question de savoir si l’herbe n’a pas été un jour plus verte ICI. Mais cette question est tabou, elle est inévitablement attribuée à des nostalgiques qui rêvent d’un Age d’Or n’ayant jamais existé.
    Quand on parle de la méthode Singapour, par exemple, on n’imagine même pas que ses inventeurs aient pu s’inspirer de l’école française de mathématiques.

    Aimé par 1 personne

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