Notes et compétences

notes-686344_640Depuis plusieurs années, les notes sont mises au pilori. Elles sont responsables de la démotivation des élèves, elles les détournent des apprentissages (Enseignement par compétences- évaluer sans notes- Académie de Caen) ; elles créent des inégalités et bloquent l’ascenseur social (Etude du CNRS- 2015[1]). Il convient donc de les remplacer par une évaluation bienveillante : l’évaluation par compétence.

Pour le parent d’élève que je suis, le remplacement de la note par la compétence ne me semble pas d’une limpide clarté. N’est-ce pas confondre la mesure avec  le contenu de ce qui est évalué ? Dans les faits les notes ne sont pas remplacées par des compétences mais par des couleurs, des pictogrammes, des pourcentages, des lettres… Les compétences, elles, remplacent des connaissances et des exercices académiques.

Les nouvelles formes de notation

A quoi servent les notes ?

Elles servent d’abord aux élèves qui suivent la progression de leur travail et évaluent les écarts entre ce qu’ils ont produit et ce qui était attendu. Elles permettent d’offrir une vision réaliste bien qu’imparfaite du travail effectué, notamment parce qu’elles s’inscrivent sur une échelle de 0 à 20. Elles permettent donc un jugement plus fin que le binaire « gommette rouge » ou « gommette verte ». S’il est facile  pour un bon élève d’obtenir des gommettes vertes, il est beaucoup moins aisé d’obtenir des 20 sur 20. De plus, les notes sont toujours accompagnées de commentaires dans les marges, de commentaires généraux et de conseils. Enfin,  les notes évaluent une copie : elles ne résument pas les capacités d’un élève et chaque professeur sait faire la part des choses entre un résumé de texte raté et les qualités et difficultés d’un élève en français.

Les notes servent aussi aux parents soucieux de suivre la scolarité des enfants. Elles permettent de situer l’élève face aux attendus scolaires et face à la classe. Être dans la moyenne ou s’en échapper franchement est un bon indicateur pour les parents : il faut soutenir davantage ou être un peu indulgent. Mais que penser de bulletins scolaires qui changent de système de notation d’un établissement à l’autre ? Des lettres en primaire, des gommettes au collège et des notes au lycée : comment suivre la progression de l’enfant. Comment comprendre le bout de papier que l’on a sous les yeux ?

Les notes servent enfin à évaluer l’enfant à chaque orientation scolaire ou changement d’établissement. Or, dès lors que la notation est expérimentale et propre à chaque école, comment les dossiers peuvent-ils être étudiés de manière juste et équitable ? S’il n’existe plus d’évaluation communément acceptée, comment départager les élèves à partir de moyennes, de pastilles de couleur, de pourcentages et de lettres ? Cela ne risque-t-il pas de renforcer l’importance de la notoriété et des classements des établissements dans la confiance qu’un tiers pourrait avoir dans le dossier scolaire ? Cela ne risque-t-il pas de développer le renforcement de « l’école des initiés » ? A défaut de pouvoir s’appuyer sur des bulletins, les équipes vont s’appuyer sur d’autres critères : lettre de motivation, démonstration de pratiques annexes pour démontrer l’intérêt pour telle ou telle matière, choix judicieux d’options…Aujourd’hui, nos enfants sont soumis dès la cinquième à ce parcours du combattant du choix des langues vivantes, des options, puis des filières en fonction du nombre de places disponibles et de leur niveau scolaire. Il est donc particulièrement hypocrite de brouiller la compréhension de ce niveau scolaire des élèves. Les plus pénalisés étant évidemment les familles les plus éloignées de la culture scolaire.

Des chiffres malveillants, des couleurs bienveillantes?

D’autre part, en quoi l’absence d’évaluation claire et partagée permettrait-elle  aux enfants de mieux apprendre ? Prenons l’exemple des pastilles de couleurs : rouge-orange-vert. Le parent que je suis, élevée à la note sur 20, va traduire les choses ainsi :

–        Rouge= pas bon= moins de 10/20

–        Orange=bof= autour de 10

–        Vert=bon= plus de 10/ 20

Or, entre 2 et 8,5 sur 20, les difficultés ne sont pas les mêmes. Inversement, avoir 12 ou 18 sur 20 n’est pas la même chose. Imaginons donc le parent face à la pastille verte découvrant l’exercice réalisé par l’enfant et constatant qu’il y a encore des notions mal acquises. Il ne sera pas facile d’expliquer à l’enfant que malgré la pastille verte (que vous évaluez à 13/20) il va falloir reprendre l’exercice et étudier encore. Et quand bien même il réussirait mieux la fois suivante, l’évaluation ne permettra pas de faire valoir cette amélioration. Il aura à nouveau une pastille verte. Où est la source de motivation ?

Selon le CNRS, l’absence de notes améliorerait le niveau des élèves en mathématiques. Pourtant, a priori, on ne voit pas très bien en quoi l’absence de note permet de mieux résoudre un problème de géométrie. Si ce n’est que le changement de notation ne change pas tout seul. Avec l’approche des gommettes de couleurs, l’approche des contenus scolaires change également. L’école n’’évalue plus des connaissances et des savoirs, elle évalue des compétences.

De la note à la compétence

Si nous suivons l’exemple des mathématiques, les programmes ne sont plus présentés sous forme de notions indispensables à « éveiller les aptitudes au raisonnement logique et la curiosité intellectuelle, initier à la résolution de problèmes simples ; à maitriser progressivement les concepts scientifiques et techniques indispensables à de nombreux métiers, du niveau ouvrier au niveau ingénieur ; à former des spécialistes mathématiques. » [2]Désormais, les élèves cherchent, modélisent, représentent, raisonnent, calculent et communiquent à partir de ressources thématiques qui regroupent les notions mathématiques dans cinq grandes familles : nombres et calculs ; organisation et gestion de données, fonctions ; grandeurs et mesures ; espace et géométrie ; algorithmique et programmation.[3]

Prenons pour exemple le théorème de Pythagore.

Pour ceux qui ont laissé les mathématiques, loin, très loin derrière eux, voici un petit rappel : dans  un triangle rectangle, le carré de l’hypoténuse égale la somme des carrés des deux autres côtés. Et réciproquement, si  le carré de l’hypoténuse égale la somme des carrés des deux autres côtés, c’est que c’est un triangle rectangle.

Le théorème est donc intéressant parce qu’il permet de réaliser des angles droits entre deux longueurs (c’est l’exemple de la corde à 13 nœuds utilisée par les Égyptiens, bien avant la naissance de Pythagore.) Il se prête à de nombreuses applications car on peut calculer des longueurs et des distances sans les mesurer. On s’attendrait donc sans hésitation à trouver dans les programmes de nombreux exercices afin de comprendre le théorème et ses applications et permettre ainsi aux élèves de découvrir comment en combinant de l’arithmétique et de la géométrie (oh, de la vraie interdisciplinarité, un EPI, chouette.) on peut énoncer un théorème très pratique.

Rien de tel dans les nouveaux programmes.

Dans un exemple d’évaluation présentée par l’académie de Montpellier, il apparait nettement que le théorème n’est pas le sujet évalué mais qu’il sert à évaluer des compétences issues du socle :

–        repérer dans un énoncé les données utiles à la résolution des problèmes

–        reconnaitre une situation relative à Pythagore

–        savoir utiliser la calculatrice pour calculer des carrés et des racines carrés

–        écrire le théorème de Pythagore dans un triangle rectangle

–        calculer l’hypoténuse dans un triangle rectangle. (Enfin !)

 S’ensuit une liste de 22 compétences issues du socle commun et de quelques exercices qui vont de la question de cours, à la réalisation d’un triangle rectangle. Le théorème lui-même passe au second plan et son évaluation est compensée par celle des compétences.

La nature de ces compétences est variée et on peut se demander si « s’engager dans une démarche » ou « tester, essayer une démarche » sont équivalents de savoir résoudre des problèmes à partir du théorème de Pythagore.

De plus, de nombreuses compétences laissent sceptiques : comment évaluer « communiquer pour porter un regard critique », « raisonner collectivement » ou « mener collectivement une investigation en sachant prendre en compte le point de vue d’autrui » ?

Ces démarches permettent-elles finalement de comprendre les notions mathématiques ? Nos enfants seront-ils ainsi sensibles à la beauté ou à la magie de cette discipline qui « plie des triangles en 4 » et qui envisage des grandeurs incommensurables ? Pourront-ils seulement, s’ils le souhaitent poursuivre dans le supérieur des études de mathématiques ?

L’académie des sciences a déjà en partie répondu : elle « considère que ces programmes (Nouveaux programmes 2015) ne sont pas satisfaisants pour des raisons structurelles. [ …] Au-delà de la forme du document, l’Académie des sciences s’inquiète surtout du manque d’ambition et de la perte significative de contenu. […]

En ce qui concerne les sciences, on peut regretter qu’aucune véritable tentative d’interdisciplinarité bien coordonnée n’ait été tentée. Les mathématiques par exemple semblent isolées des autres sciences et ont même perdu presque entièrement ce qui fait leur substance : la capacité de démontrer ce qu’on y affirme. »[4]

Toutes les matières sont touchées par cette approche par compétence. Prenons l’histoire- géographie au collège. Les élèves sont amenés à développer les compétences suivantes :

  • Se repérer dans le temps : construire des repères historiques
  • Se repérer dans l’espace : construire des repères géographiques
  • Raisonner, justifier une démarche et les choix effectués
  • S’informer dans le monde du numérique
  • Analyser et comprendre un document
  • Pratiquer différents langages en histoire et en géographie
  • Coopérer et mutualiser

En histoire, « la critique du document est centrale : elle permet d’identifier la source, de prendre en compte l’intention des acteurs, de travailler sur ce qui est explicite mais aussi sur l’implicite… » L’élève apprend à décrire, ce qui ne nécessite en fait aucune connaissance historique. La conséquence est que les élèves ne sont plus questionnés sur des points d’histoire mais sur des compétences qui utilisent l’histoire comme support. Ainsi, dans un exemple présenté par l’académie de Poitiers l’élève n’est pas interrogé sur l’empire romain, il est évalué sur ses capacités à :

–        repérer et utiliser des repères

–        exploiter des documents de manière adaptée

–        être autonome

Ses connaissances historiques ne comptent même pas pour moitié dans sa note. En gros les élèves capables de lire un texte auront plein de petites pastilles vertes (ou la moyenne, l’exemple est en effet à moitié réac, il est noté sur 20.)

Pour conclure, les savoirs ne sont plus que des prétextes à faire croire que les élèves apprennent encore quelque chose au collège. Mais sur le fond, peu importe qu’ils ressortent de l’année de 6ème sans jamais avoir entendu parler des Crétois ou des Perses (qui ne sont de toute façon plus au programme), qu’ils pensent que César était empereur ou que la démocratie a été inventée en Grèce, ce qui compte est de s’informer dans le monde du numérique.

Le savoir devient le support ou le prétexte à d’autres apprentissages. Alors pourquoi lire des textes complexes d’historiens, de philosophes ou de romanciers si au final la lecture d’un magazine people permet de démontrer que l’élève « comprend un texte » ? A quoi bon demander aux élèves de commenter un poème de Charles d’Orléans s’il suffit de raconter ses vacances pour démontrer que l’on est capable « d’écrire un texte simple » ?

Mais si « Pratiquer des langages » remplace la maîtrise des langues que se passe-t-il ? Existe-t-il encore une confiance en l’Éducation Nationale quant à l’évaluation d’un niveau scolaire ? Et si elle n’est plus perçue comme crédible, que se passe- t-il ?

Sur  les CV fleurissent de nouvelles formes de certification du niveau réel des postulants. Le niveau de langues étrangères est certifié par les Chambres de Commerce  étrangères. Le niveau de français est certifié par un organisme privé français et je ne doute pas que dans les années à venir se développent les certifications en sciences et mathématiques, culture générale et autres. Deux problèmes se posent alors : les objectifs linguistiques des Chambres de Commerce et d’Industrie ne sont pas ceux des départements de langues étrangères universitaires : les premières valident le niveau de communicants, les seconds forment des lettrés;  de plus, seuls les élèves dont les parents pourront financer ces certificats pourront démontrer leur niveau sur le marché du travail, ce qui exclut d’emblée les pauvres et les mal informés quel que soit leur niveau de maîtrise par ailleurs.  L’école républicaine avait sans doute beaucoup de défauts, mais au moins garantissait-elle qu’un 14 obtenu en Haute-Loire avait la même valeur qu’un 14 obtenu à Strasbourg ou dans le 15em à Paris; un 14 obtenu dans un collège public de Bretagne ou de la Creuse avait la même valeur que celui obtenu dans un établissement privé de Lyon ; cette note avait une valeur nationale, reconnue partout sur le territoire.Nul besoin d’organisme payant pour valider les niveau des élèves.

Quant au savoir et aux connaissances, elles étaient sources de plaisir intellectuel et d’émerveillement… ou pas. L’esprit humain est tortueux et l’homme n’est pas de glaise. Aussi, il nous faut accepter que tous ne se prendront pas de passion pour les théogonies grecques ou les équations de droites. Mais il n’y a qu’à l’école qu’il est possible de s’émerveiller sur la surface des polygones réguliers ou sur les colères d’Héra. Si l’école renonce à la transmission des savoirs et des connaissances, à quoi bon aller à l’école ?

 [1] https://lejournal.cnrs.fr/articles/comment-mieux-evaluer-le-travail-des-eleves

[2] http://disciplines.ac-montpellier.fr/mathematiques/sites/mathematiques/files/exemple_travail_pythagore_cycle_4.pdf

[3]http://www.reformeducollege.fr/nouveaux-programmes/nouveau-programme-de-mathematiques

[4] http://www.academie-sciences.fr/pdf/rapport/avis_270515.pdf

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13 réflexions sur “Notes et compétences

  1. Jean-jacques Motard dit :

    D’accord avec l’article sur la valeur des notes sauf sur un point que celles-ci soient les mêmes dans n’importe quel lieu en France…
    J’ai toujours entendu mon père instituteur (en province) râler quand arrivait une ou un nouvel élève venant de Paris ou de la Région Parisienne avec des notes « surgonflées ».

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    • bcadh dit :

      C’est vrai que cela n’a jamais été parfait. Mais aujourd’hui, il me semble que c’est totalement imparfait. Merci pour la précision apportée qui nuance un peu mon enthousiasme.

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  2. Seb dit :

    Article trop long pour le péquin moyen…
    Et c bien le souci aujourd’hui.
    Comment expliquer en qq mots des choses hypers complexes mises en place pour noyer le poisson ? Et le poisson, clairement, c’est avant tout le pauv’ gamin ou le pauv’ parent qui n’a aucun moyen de surnager.
    Une chose est importante : que ce qu’on fait soit explicite ! Ca veut dire compréhensible par toutes et tous.
    Avec les « compétences », le but est au contraire de rendre tout très abstrait.
    La question des notes n’est pas simple et les notes ne sont pas L’outil par excellence.
    L’étude de l’évaluation (méthodes, outils, finalités, etc.) s’appelle la « docimologie » et bien sûr, afin que le peuple ne soit pas trop au fait, dernièrement, on n’a pas trop cherché à développer ce genre de recherche.
    Actuellement le problème n’est pas l’outil (couleurs, notes, etc) mais le contexte : hypocrisie, compétition accrue, etc.
    Et nous, petits profs, nous subissons cette casse du système parce qu’en tant que citoyen-ne, nous avons déjà abandonné. 2017 n’arrangera rien !

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  3. bob dit :

    Et puis, tout de même, cette notion de compétence pose aussi un sérieux problème du point de vue de la conception que l’on se fait de l’individu. Le nombre de compétences se veut vaste et complet, sinon exhaustif, prenant en compte des « savoirs, savoirs-faire et savoirs-être » dans tout un tas de grands domaines (culture humaniste, scientifique, etc.) : au point que l’on peut se demander si la définition idéale de ce programme, à savoir l’élève qui aurait validé absolument toutes ces compétences à la fin de son cursus, serait ainsi l’homme accompli par excellence, tel que notre époque le considère. Mais peut-on peut mesurer la valeur d’un individu au nombre de compétences qu’il aurait validé, comme on le ferait du nombre d’options d’une voiture ? (est-ce qu’une compétence cochée doit du reste être considérée comme acquise ad vitam aeternam ? Y a-t-il une date de péremption de la compétence ?)
    On voudrait fabriquer des hommes qui ressemblent à des machines qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Pratique pour l’orientation des élèves, à terme : des algorithmes aveugles pourraient analyser les compétences de chacun afin de les orienter dans la voie professionnelle la plus adéquate au niveau de compétences analysé. On saurait mieux réguler les places vacantes dans les formations, pour un bon rapport qualité-prix, on aurait moins d’étudiants « qui se chercheraient »… Resterait encore à avoir davantage de prise sur le marché du travail et tout serait parfait. Système potentiellement hyper rationnel, et par conséquent inhumain. Plus de libre-arbitre, la machine aurait repéré ce qui se peut de mieux pour l’élève – c’est-à-dire le sujet – enfin l’objet humanisé. Est-ce un fantasme paranoïaque ? En tout cas, cela devrait être techniquement possible grâce au nouveau livret de compétences numérique et unique, qui désormais suivra un individu de la maternelle à la fin du lycée…

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  4. 1001comicsblog dit :

    Excellent article ! Les notes ne sont évidemment pas parfaites, il peut y avoir des différences d’un correcteur à l’autre mais quand elles sont accompagnées d’un véritable commentaire dans la copie, on ne fera jamais mieux. Quand j’entends dire « apprendre, c’est ce qu’il reste quand on a tout oublié » je suis assez circonspect ! L’ennui c’est qu’il y a un paquet de nouveaux collègues formatés à ce genre de choses, pour preuve la très maigre mobilisation contre la réforme du collège en général… Il faut résister…. Et surtout, tout utiliser…. Moi ce qui m’agace, c’est que l’on impose aux collègues une utilisation du numérique, des compétences, de la lecture globale etc etc etc alors que tout est utilisable et que parfois, un mélange d’un peu tout fonctionne. Laissons le prof décider de ce qu’il doit faire et des outils qu’il doit utiliser, le but étant de transmettre des savoirs. Peu importe la manière du moment qu le résultat est là. Bref, laissons les profs tranquilles, la grande majorité d’entre eux sait ce qu’il faut faire pour que les gamins réussissent….

    Aimé par 1 personne

  5. Mila Saint Anne dit :

    Huit année sans notes, qu’est ce que ça fait du bien ! Les élèves travaillent et progressent sans avoir besoin de la motivation extrinsèque de la note, sans avoir besoin de se comparer aux autres. Ils travaillent et progressent par plaisir. Ils gagnent en confiance en eux, affrontent leurs échecs avec la volonté de les surmonter.
    La note n’a jamais été obligatoire. Et pour rien au monde je ne reviendrait à ce système qui en dit beaucoup plus long sur l’évaluateur que sur l’évalué !
    Vous devriez essayer les compétences, vous comprendriez tout le bonheur qu’il y a à enseigner sans notes.

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    • bcadh dit :

      Merci d’avoir prêté attention à mon article et d’avoir pris le temps de la rédaction d’un commentaire. Votre enthousiasme serait communicatif si je n’étais pas de l’autre côté du miroir. Car je ne suis pas enseignante, je suis la maman qui reprend les séquences par compétences pour rendre explicites les notions rencontrées. Je suis la maman qui fait faire de multiples exercices pour s’assurer que les notions sont effectivement bien comprises. Je lève le voile des multiples implicites qui accompagnent l’approche par compétences ou devrais-je dire par pseudo compétences car un élève qui n’a aucune culture générale ne risque pas d’offrir un avis éclairé sur quoi que ce soit. Je suis la maman qui rassure et qui assure que non, l’enfant n’est pas nul de n’avoir rien compris aux consignes et aux implicites de cette leçon ou de cette évaluation évaluée en lettres, en smileys ou code couleur. Je suis aussi la professionnelle qui dans le cadre de la semaine-entreprise annonce à des élèves de STMG que non, ils ne pourront pas réussir HEC ou ESSEC puis devenir chef marketing d’LVMH parce que le bac STMG ne les a pas préparés à cela ; je suis la marraine de la mission locale qui apprend dans le cadre du parrainage que non, après un bac STI2D on ne peut pas suivre une licence informatique parce que le bac STI2D ne le permet pas. Évidemment, je préférerais que ce soit les professeurs qui évaluent le niveau des élèves et qui leurs disent la vérité quant aux possibilités réelles de formations et d’orientation. Mais je comprends que pour rien au monde vous ne reviendriez à ce système qui ancre la progression des élèves dans la réalité. Car oui, il est pénible de dire à une jeune femme ou à un jeune homme que ses savoirs sont insuffisants pour suivre la voie qu’elle ou il espérait. Il faut affronter sa colère ou son désarroi.
      Je comprends votre bonheur à ne plus enseigner et à ne plus évaluer, ce sont des missions difficiles. Pour autant, est-il normal de déléguer ces missions aux parents ?

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  6. Mila Saint Anne dit :

    Si je peux comprendre le reste de votre commentaire, la fin me laisse dubitative : « Je comprends votre bonheur à ne plus enseigner et à ne plus évaluer, ce sont des missions difficiles. Pour autant, est-il normal de déléguer ces missions aux parents ? »
    Où avez vous vu cela jouer ?
    J’enseigne, j’évalue et j’oriente mes élèves. Je leur apprend le dépassement de soi et je les aide à construire un projet d’orientation.

     » Je lève le voile des multiples implicites qui accompagnent l’approche par compétence^s ou devrais-je dire par pseudo compétences car un élève qui n’a aucune culture générale ne risque pas d’offrir un avis éclairé sur quoi que ce soit. »
    L’implicite n’est absolument pas lié à la présence ou non de note. Il n’y a aucun rapport. Voire même, c’est le contraire. Quand à l’opposition idiote entre savoirs et compétences, je suis très déçue que vous y tombiez comme un perdreau de l’année.
    Je crois que vous avez une vue des compétences par le petit bout de la lorgnette. Venez voir dans ma classe comment ça se passe et on en reparle.

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    • bcadh dit :

      Je vous ai vexée, je m’en excuse. Ma réponse était sans doute un peu vive.
      Lorsque je parlais d’implicite, je ne le liais pas à la note mais bien à l’approche par compétence. Or, il semblerait que dans cette approche, l’enseignant est un facilitateur qui évite d’enseigner. Ce n’est pas moi qui le dis mais la littérature qui promeut cette démarche dans les classes. D’ailleurs, puisque vous m’avez fait l’amitié de vous intéresser à mon blog, je me suis permise d’aller découvrir le vôtre et votre dernier article, Nouvelle Recette, me renforce dans l’idée que vous n’enseignez pas. Ce qui ne signifie pas que vous ne travailliez pas : il est clair que vous passez beaucoup de temps à créer des supports, des fiches, des plans individualisés et je suppose que vous êtes très sollicitée par vos élèves quand ils font leurs exercices. Je ne doute pas non plus que ces derniers réussissent leurs exercices. Ce que je conteste c’est la nature même de l’approche qui ne permet pas aux élèves d’être bien savants au final. Les nombreuses heures passées à remplir des fiches et à « découvrir » le savoir sont bien peu récompensées. La réussite des exercices issue de cette démarche par compétences implique de maîtriser de nombreux implicites qui ne sont pas enseignés et qui rendent ces pratiques discriminatoires et au final, peu efficaces dans le cadre des apprentissages. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est la CNESCO. Et vous me donnez une idée pour un prochain article.
      J’ai travaillé cinq ans sur le concept de « compétence » dans le cadre de projets d’insertion. Déjà je trouvais ce concept idiot dans le champ de l’insertion professionnelle : même sur un poste de travail, ce qui fait la différence, ce sont les connaissances et les capacités à raisonner, quel que soit le niveau du poste. La compétence est un leurre qui donne l’illusion de pouvoir formater des comportements adaptés à des situations de travail. Dans le réel, ça ne marche pas. Pour avoir parcouru votre blog, je doute que nous trouvions un terrain d’entente sur ces questions, comme sur l’ensemble des questions scolaires. Sans doute faut-il de la diversité dans ce monde, je vous souhaite donc une bonne continuation dans vos classes. Cordialement.

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